Majorité : Les étiquettes changent, les méthodes restent les mêmes
Le Conseil municipal du lundi 30 mars 2009 nous aura permis, une nouvelle fois, de constater l’attitude
méprisante du Maire à l’égard de l’opposition en évitant tout débat.
En effet, le Maire a rarement répondu sur le terrain où il été interpellé,
préférant user de son pouvoir en mettant au vote les délibérations immédiatement après les interventions des élus d’opposition.
Comment peut-il prendre de pareilles positions, lui qui, il y a peu de temps
encore, alors qu’il était dans l’opposition, se plaignait du manque de dialogue et de démocratie au sein du Conseil municipal ?
Cette attitude hautaine, ce refus du dialogue, tente surtout de masquer une
crainte de l’affrontement des idées due à une connaissance très superficielle des dossiers.
Le pluralisme, la confrontation des idées, l'expression de convictions
distinctes seront encore absents des débats. Nous ne pouvons que le déplorer !
En ce qui nous concerne, nous défendrons les orientations et les valeurs que
nous avons exposées durant la campagne électorale, sans opposition systématique (comme nous l’avons toujours fait) mais sans compromission non plus.
C’est notre conception de la démocratie : passionnée, parce que
passionnante, et toujours constructive parce qu'elle décide de la vie de nos concitoyens.
Les déclarations des élus du Groupe Cuers Oxygène:
Budget primitif 2009 :
Monsieur le
Maire,
Il y a quinze jours, nous vous
avons déclaré que vous donniez l’impression que le DOB était pour vous seulement une contrainte réglementaire, un passage obligé, mais en aucun cas un exercice de démocratie locale. En nous
privant des éléments budgétaires qui étaient en votre possession, vous nous avez fait perdre notre temps :
En effet, les bases locatives
vous avaient déjà été communiquées par l’administration fiscale, le Conseil général vous avait déjà transmis sa délibération fixant les taux de participation pour l’aide aux communes. Avouez
qu’en nous les communiquant lors du DOB, la séance aurait eu une autre teneur.
Il convient donc de revenir
rapidement sur certains points.
La prévision de croissance
pour l'année 2009, qui était initialement évaluée entre 0,2% et 0,5% par la Loi de finances, est désormais évaluée à -1,5% dans le projet de Loi finances rectificative ... récession
oblige ... et la prévision d'inflation en 2009 est désormais évaluée à 0,4% et non pas à 2% comme vous nous l’aviez indiqué.
Dans ce contexte, la prévision
d’inflation est cinq fois inférieure à celle que vous avez retenue, donc moins de dérapage des dépenses communales liées à l’inflation pour cette année 2009.
Nous vous avions indiqué, il y
a quinze jours, que les droits de mutation seraient, certes, à la baisse, mais largement compensés par des recettes fiscales nettement plus importantes du fait de l’augmentation de la population
et dégageraient donc des marges de manœuvres intéressantes.
La lecture du Budget 2009
confirme notre analyse. Et pour l’illustrer nous nous référerons au dernier Compte Administratif connu, celui de 2007 qui a éclairé la campagne électorale.
Sur le compte 7311, le total
des produits des contributions directes était en 2007 de 5 388 278 € et celui de la Taxe additionnelle sur les droits de mutation de
502 616€, soit un total environ 5 890 000€.
Aujourd’hui, le produit
escompté est de 6 289 372 €, avec pour les droits de mutation 185 000 €, soit environ 6 475 000€.
La différence s’élève donc à
+ 585 000€ sur ces deux seuls postes, auxquels il convient d’ajouter l’augmentation significative des redevances funéraires depuis votre arrivée (+
108 000€).
Le Budget primitif de 2009 est
donc supérieur de plus d' 1 million d’euros à celui que vous avez trouvé à votre arrivée.
En effet le total des recettes
de fonctionnement était de 11 384 000€ contre 12 403 000€ aujourd’hui. On constate que ce million d’euros s’est ventilé essentiellement dans les dépenses de fonctionnement
avec une augmentation modérée de la capacité d’autofinancement.
Au final, l’augmentation des
bases d’imposition des quatre taxes directes locales a un effet d’aubaine en cette période de crise, ce qui nous permet d’avoir une meilleure situation financière que les années
précédentes.
Ceci étant dit, et dans la
mesure où vous décidez de ne pas augmenter les impôts locaux, où il semble impossible d’emprunter, mais aussi que vous voulez attendre d’économiser 750 000€ sur la section de fonctionnement
avant de relancer l’investissement, nous sommes en droit de vous demander quand et comment allez vous mettre en œuvre votre programme
électoral.
En effet vous ne proposez aucun investissement
pluri-annuel, vous n’avez fait voter aucune autorisation de programme, vous ne lancez aucune étude sur les équipements publics dont notre village a tant besoin, ce budget 2009 au même titre
que celui de 2008 est insipide et ne prépare aucune dynamique pour les années à venir.
Nous voterons donc contre ce budget.
Vote des taxes communales
Monsieur le
Maire,
Vous baissez les taux mais les
impôts des Cuersois vont quand même augmenter puisque la revalorisation des bases décidée par la Loi de finances 2009 est huit fois plus importante pour le Foncier bâti et deux fois plus
importante pour la Taxe d’habitation que vos propositions de baisse. C’est dire si cette diminution est dérisoire.
De plus, l’Abattement
facultatif que vous avez supprimé, et qui, au passage, avait été instauré par une municipalité socialiste, celle de Fernand Blacas, va accentuer en cette période de crise le désarroi de
nombreuses familles cuersoises qui se souviendront, soyez en sûr, en ces moments difficiles, de l’augmentation de 15% de vos indemnités.
Dans ces conditions, cette baisse est insignifiante et de
plus inéquitable envers les revenus les plus modestes, aussi nous voteront contre.
Vente des parcelles de l’ancien couvent, Impasse de l’Égalité
Monsieur le Maire,
Lors d’une précédente séance de Conseil municipal, vous
avez retiré la délibération que vous nous proposez aujourd’hui. Les différents groupes d’opposition vous avaient fait part de leurs critiques sur cette vente et surtout sur l’aménagement prévu à
cet emplacement et les nuisances qu’il engendrerait.
Dans cette même salle, et peu de temps après, vous avez
reçu les riverains qui vous avaient fait part de leur hostilité à ce projet en invoquant la circulation, le stationnement et la qualité de vie.
Monsieur le Maire, ce projet dépasse le volet politique et
j’en veux pour preuve, la pétition que je vais vous remettre et qui a été spontanément lancée dès la parution de l’ordre du jour du Conseil municipal, par les riverains de cette parcelle, et
signée également par les usagers du Centre culturel ainsi que par les parents d’élèves et les enseignants de Sainte Marthe. Des gens qui vivent ces nuisances au quotidien.
Il suffit de se rendre dans ce secteur du centre ville pour
se rendre compte de la situation, des nombreux engorgements dus à l’étroitesse des rues, de l’importance des problèmes de stationnement en rapport également avec les activités qui s’y déroulent.
Y ajouter encore les conséquences inévitables de l’implantation d’un immeuble d’habitation paraît totalement irresponsable.
Il est impératif de lancer une étude sérieuse pour
l’aménager et surtout le désenclaver.
C’est du PLU que vous allez mettre à l’étude que pourrait
venir la solution.
En effet, comment allez-vous gérer les terrains de grande superficie classés en zone NA, situés à proximité dans ce quartier.
Ne serait-il pas judicieux de réfléchir à un aménagement
global faisant l’unanimité avant de se lancer dans des opérations immobilières sur lesquelles il sera impossible de revenir ?
Mesdames et messieurs les Conseillers municipaux, j’en
appelle à votre bon sens. La qualité de vie dans ce quartier dépend de votre vote. Alors, allez-vous prendre la responsabilité de l’asphyxier ?
Monsieur le Maire, nous vous demandons solennellement de
revenir sur votre décision en retirant cette délibération, car c’est la vie d’un quartier, son aménagement futur et le bien être de ses riverains qui sont en jeu. Et, bien sûr, nous voterons contre cette délibération.
Vente des parcelles sises avenue Jean Moulin
Monsieur le Maire,
La vente de ces deux parcelles à un promoteur privé,
relance le débat sur le logement social. En annulant le bail qui liait la commune à la société VAR HABITAT, vous faites perdurer ce manque et tournez le dos aux responsabilités qui sont les
vôtres pour atténuer les conséquences de la crise sur la vie quotidienne de nos concitoyens.
Le logement social souffre, à Cuers, d’un retard endémique.
C’est un besoin social prioritaire, axe de la relance économique et créateur d’emplois dans les PME.
De plus, situés à deux pas du centre ville, ces douze logements sociaux
auraient constitué une petite unité permettant ainsi de réaliser l’objectif de la politique du logement social : « Offrir à tous les conditions de se loger
décemment ».
Pour vous dédouaner de cette vente, vous dites, Monsieur le Maire, que Monsieur le Préfet du Var vous impose
30% de logements sociaux au quartier des Peireguins, or vous savez bien que cette opération ne verra pas le jour dans ce mandat et de plus une trop forte concentration de ce type de logement est
très souvent génératrice de conflits.
En plus, vous laissez planer le doute quant à la participation du promoteur relative à la non création des
places de stationnement, et nous ne savons pas le genre de commerce qui va s’implanter. Il est à prévoir l’aggravation des problèmes de stationnement dans le quartier qui arrive déjà à saturation
certains jours.
Monsieur le Maire, en vendant ces parcelles, vous pensez atténuer les difficultés financières de notre commune. C’est vrai dans l’immédiat, mais vous ne prenez pas en compte la détérioration du cadre de vie dans ce quartier, et
ce, pour très longtemps.
Pour toutes ces raisons, nous voterons contre cette
délibération.