Le Cul et la Chemise
Dans la
vie, c'est ainsi, vous l'aurez remarqué,
On a de vrais amis que chez ceux qui sont près !
Près de nous, de nos goûts, voire de nos envies,
On n'aime pas celui qui a un autre avis.........
Donc, il faut constater que plus on est proche,
Plus on adore qui nous ouvre grand sa poche,
On vénère celui qui pense comme nous,
On le porte aux nuages, on lui fait les yeux doux.
Si souvent l'amitié, la vraie, la bien virile,
Est désintéressée, sans pensées mercantiles,
Il en est autrement des ambitions publiques
De certains qui ont pris un chemin politique.
C'est ainsi qu'on peut voir copains comme cochons
Ceux qui n'ont rien de commun, pas même le nom
Du parti où ils oeuvrent, mais qui, ils en sont sûrs,
Ont besoin l'un de l'autre comme pied de chaussure.
L'un s'appuyant sur l'autre, pour demander des lois,
L'autre collant à l'un, pensant de bonne foi
Que le petit sera maire un de ces jours
Et qu'il fera du grand un adjoint à son tour.
Mais ceci n'est pas sûr, car en y pensant bien,
Le cul et la chemise, eux aussi très voisins,
Qu'on pense inséparables, en sont incommodés.
La chemise est salie, le cul est irrité !
S'il en était ainsi de ceux qu'on croit amis ?
Qui sait au fond d'eux-mêmes ce qui vraiment se dit ?
Sont-ils copains sincères comme parfois on le crut ?
Qui donc fait la chemise, et qui donc fait le cul.
d'après Le petit poête

